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19 ans, violée.

19 ans, violée.

C’était il y a 3 ans. Elle n’en avait jamais parlé à personne. Elle avait 19 ans. Elle avait été à une soirée avec des copines. La soirée avait été bien arrosée. A un moment elle a pratiquement perdu conscience. L’alcool et peut-être autre chose qu’on avait mis dans son verre. Parce qu’elle ne se souvient pas d’avoir bu autant que ça.

Elle s’est réveillée dans une chambre, sur un lit. Sa robe était relevée et elle n’avait plus ses dessous. Elle s’est levée hébétée. Elle est repartie dans le jardin où tout le monde était. Personne n’avait remarqué son absence. Même pas ses copines.Elle n’avait aucune idée de combien de temps avait duré son black out ni ce qui s’était passé. Ce qui était sûr, il s’était passé quelque chose. Son entrejambes lui faisait mal.

En rentrant cette nuit là, elle n’a pas pu fermer l’œil de la nuit. Dans la chambre d’à côté, ses parents dormaient tranquillement ne pouvant pas imaginer une seconde ce qui était arrivé à leur fille.

Le lendemain, des images, des sensations ont commencé à revenir, par morceaux. Un corps sur le sien, une respiration lourde, le sentiment d’être prisonnière de son corps, de ne pas pouvoir bouger. Ce n’est que le matin qu’elle a vraiment réalisé qu’elle avait été violée.

Une sensation de désespoir absolu. De la rage contre ses copines qui l’ont abandonnée à son sort. De la rage contre elle-même pour n’avoir pas su se protéger. De la peur. La terrible impression d’avoir perdu quelque chose d’irrécupérable. Elle avait envie de mourir.

Elle a décidé de ne pas en parler, de faire comme si ce n’était jamais arrivé. Peut-être qu’alors, ce souvenir horrible disparaîtrait.

Pendant des mois, elle a avancé pas après pas, jour après jour, avec un sanglot au bord de la gorge qui jaillissait pour tout et rien. Avec une colère retenue qui explosait pour des trucs anodins. Pendant des mois, elle n’a pratiquement pas dormi, à part des petits bouts par ci et là. Elle était au bord de l’épuisement, physique et nerveux.

Sa mère s’est rendue compte que quelque chose de grave s’est passé, même si elle n’ jamais su ce que c’était, et elle l’a obligée à aller consulter. Ce n’est qu’à ce moment là qu’elle a pu remonter un peu la pente.

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Aujourd’hui, elle va mieux. Elle est en couple avec un gentil garçon avec qui elle n’a pas encore partagé ce traumatisme, mais elle compte le faire un jour. Elle voit encore le thérapeute épisodiquement mais elle va bien.

Ce que son psy lui a dit et qu’elle veut que toutes les victimes entendent, c’est ceci:

« Tu es une victime. Ce n’est pas de ta faute. Ce n’est pas parce que tu as bu ou parce que tu portais une robe courte que c’est arrivé. Ce n’est pas parce que tu as menti à tes parents pour aller à cette soirée. C’est parce que tu as croisé la route d’un malade. Ce n’est pas de ta faute. Tu es une victime. Ce n’est pas de ta faute. »

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