La Tunisie forme plus de femmes que d’hommes dans les filières scientifiques. Pourtant, pour beaucoup de jeunes diplômées, décrocher un premier emploi reste un parcours semé d’obstacles.

Le 13 juillet 2026, à Tunis, le Forum national WYSE 2.0 a voulu réduire cet écart entre les compétences et l’emploi. Plus de 150 jeunes femmes ont rencontré directement 34 entreprises venues recruter dans les secteurs des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques.

Au-delà des entretiens d’embauche, cette journée pose une question essentielle : comment transformer l’un des plus grands atouts de la Tunisie, ses diplômées en STIM, en une véritable force pour son économie ?

Pourquoi les diplômées peinent-elles encore à trouver leur place ?

Avec 54 % de femmes parmi les diplômés en STIM, la Tunisie fait figure d’exception. À l’échelle mondiale, les femmes représentent environ 35 % des diplômés dans ces disciplines.

Malgré cette avance, de nombreuses jeunes diplômées rencontrent des difficultés au moment d’entrer sur le marché du travail. Les premiers recrutements restent marqués par un manque d’expérience, un accès inégal aux réseaux professionnels et des disparités entre les régions. Dans certains secteurs, les stéréotypes liés aux métiers scientifiques continuent aussi de peser sur les parcours.

C’est dans ce contexte qu’a été lancé le programme WYSE, Women & Youth in STEM Employment, porté par ONU Femmes Tunisie, l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, le Challenge Fund for Youth Employment (CFYE) et PFI Consulting. Son objectif est de rapprocher les jeunes diplômées et les entreprises qui recrutent.

Une journée où les CV rencontrent les recruteurs

Le 13 juillet, les participantes se sont succédé devant les stands des entreprises présentes. Les échanges ont pris la forme d’entretiens, de rencontres informelles et de discussions autour des compétences recherchées dans différents secteurs.

Au total, 34 entreprises avaient fait le déplacement avec 217 opportunités d’emploi.

Les technologies de l’information concentraient près de la moitié des postes proposés, notamment dans la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la science des données. Les sciences de la vie occupaient également une place importante, avec des recrutements dans les domaines de la pharmacie et de la production.

Quelques jours avant le forum, les participantes avaient suivi plusieurs ateliers consacrés à la préparation des entretiens, à la rédaction du CV et à la valorisation de leur parcours professionnel.

Quand une ancienne participante revient en tant que professionnelle

Parmi les moments forts de la matinée, Ranim Zouari, ancienne participante de WYSE 1.0 et aujourd’hui Marketing Manager chez CHO Group, est venue partager son retour d’expérience. Elle a mis en lumière comment sa participation en 2025 a constitué un véritable tremplin professionnel, lui ouvrant les portes d’un poste à responsabilité et prouvant l’importance de ces espaces de mise en relation directe.

Son témoignage illustre la vocation du programme, créer un lien entre la formation universitaire et le monde professionnel.

Des résultats suivis dans le temps

Selon les organisateurs, la première édition de WYSE a permis à 43 participantes d’accéder à un emploi dans les trois mois suivant le forum, soit un taux d’insertion de 41,3 %.

Pour cette deuxième édition, 34 entreprises étaient mobilisées, parmi lesquelles Everience Tunisia, Pharmaghreb, Novation City et EY Ernst & Young. L’objectif affiché est d’augmenter encore ce taux d’insertion.

Au-delà du recrutement, plusieurs entreprises participantes ont également réaffirmé leur engagement en faveur d’environnements de travail plus inclusifs, notamment à travers les Women’s Empowerment Principles (WEPs) des Nations Unies.

Ce que les recruteurs attendent

Les échanges de la journée ont fait émerger plusieurs attentes communes.

Les compétences techniques restent indispensables, mais elles ne suffisent plus. Les recruteurs accordent une place importante à la capacité à communiquer, à présenter son parcours avec clarté, à travailler en équipe et à s’adapter à des environnements en constante évolution.

Les participantes ont également été encouragées à développer leur réseau professionnel et à s’informer sur la culture des entreprises auxquelles elles postulent.

Transformer un atout en opportunité

La Tunisie dispose d’un vivier de diplômées scientifiques que peu de pays possèdent. Le défi consiste désormais à faire en sorte que ces compétences trouvent leur place sur le marché du travail.

Des initiatives comme WYSE cherchent à réduire la distance entre les universités et les entreprises. Pour les jeunes femmes présentes le 13 juillet, cette journée représentait une occasion de décrocher un entretien, un premier emploi ou un contact qui ouvrira de nouvelles perspectives.

 

Binetna est un média (magazine) féminin tunisien

 

 

 

 

Auteur

Binetna est un média féminin tunisien à impact positif. C'est une interface d'influence positive, qui cherche à aider, soutenir et inspirer les femmes

Écrire un commentaire