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De quelle égalité parlez-vous?

De quelle égalité parlez-vous?

Par Rym Zayani

 

En Tunisie, quand on nait garçon, on a deux fois plus de chances de réussir notre vie professionnelle. Il n’ ya qu’à écouter les expressions courantes : les «nchallah farhtek» distribués deux fois plus aux filles, les «ykawi sa3dek» distribué exclusivement aux filles, …

Dans l’imaginaire tunisien, une femme qui réussit est une femme mariée avec enfants alors qu’un homme qui réussit est un homme qui a une bonne situation professionnelle et financière.

Les parents de garçons se soucient de fournir un logement à leur progéniture, aimeraient que leurs fils aient un belle voiture et les aident souvent à créer leurs entreprises ou à trouver un job. Les parents des filles n’ont pas le même type de soucis, ils veillent à leur préparer un bon trousseau (zhéz) en espérant l’arrivée du prince charmant qui se chargera du fardeau et le prendra en charge.

Ceci est d’autant plus choquant que c’est souvent les mères (des femmes) qui sont au pire les instigatrices, et au meilleur les complices de cette injustice sociale.

Mesdames trouvent tout à fait normal d’aider leur fils ou de harceler leurs maris pour qu’il aide le garçon et elles continuent à se soucier toute leur vie du bien être matériel de leurs FILS alors qu’elles ont une impression de devoir accompli quand leurs filles se marient….

A titre d’exemple si leur fille n’ont pas de maison «melk» ce n’est pas un problèmes et elles continuent à scander «thannit 3liha, khdhete rajel», c’est du fils qu’il s’agit elles en perdent le sommeil… La mère d’une fille sera encore plus « méthanya » si son beau-fils a les moyens et une maison mélk … même si ça ne fait qu’accentuer la dépendance de la fille.

Alors mesdames, c’est très bien de défendre l’article 46 de la constitution tunisienne et de demander son application stricte, mais il serait mieux de commencer par l’appliquer à votre petite échelle, d’être justes pendant votre vie….et on parlera de l’égalité successorale par la suite !

Certes, on ne peut qu’être admirative et confiante quand on lit l’article 46 de la constitution, un joli texte* pour lequel se sont battus militants hommes et femmes. Mais il ne s’agit pas que de textes et cette inégalité n’est pas dû qu’à une volonté masculine de maintenir l’écart.

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*La constitution tunisienne stipule dans son article 46 :

  • L’État s’engage à protéger les droits acquis de la femme et à les renforcer. Il œuvre à les développer.
  • L’État garantit l’égalité des chances entre l’homme et la femme quant à l’accès à toutes les responsabilités et dans tous les domaines. 
  • L’Etat œuvre à réaliser la parité entre la femme et l’homme dans les assemblées élues. 
  • L’État prend les mesures nécessaires en vue d’éliminer la violence contre la femme

 

 

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