Le  “brain rot” : un terme viral né sur TikTok

Depuis plusieurs mois, le terme brain rot envahit TikTok et les réseaux sociaux. Littéralement traduit par «cerveau pourri », il est utilisé pour décrire une sensation de fatigue mentale, de perte de concentration ou d’ennui rapide, souvent après des heures passées à scroller des vidéos courtes.

Mais dès le départ, une précision s’impose : le brain rot n’est pas un diagnostic médical.
Il ne figure ni dans les classifications psychiatriques, ni dans les manuels de psychologie clinique.

Il s’agit avant tout d’un concept populaire, né sur les réseaux sociaux pour mettre des mots sur un malaise moderne lié à la surconsommation de contenus numériques.

Des médias européens et des spécialistes de la culture numérique rappellent d’ailleurs que ce terme relève plus du langage viral que de la science, même s’il reflète une inquiétude réelle des parents et des éducateurs face aux écrans.

L’effet “scroller” : ce que pointent les spécialistes

Si les psychologues n’utilisent pas le terme brain rot, ils s’accordent toutefois sur un point : le format des contenus numériques actuels pose question, en particulier chez les enfants.

Les experts parlent plutôt de :

  • surcharge cognitive

  • stimulation excessive

  • fragmentation de l’attention

Le scrolling infini, les vidéos courtes et très rythmées, les notifications constantes sollicitent en permanence le cerveau.

Résultat : l’enfant s’habitue à une stimulation rapide et immédiate, ce qui rend plus difficiles les activités lentes comme lire, écouter ou se concentrer sur une seule tâche.

Ce que dit la science sur les écrans et les enfants

Contrairement aux discours alarmistes, la recherche scientifique adopte une position nuancée sur l’impact des écrans chez l’enfant.

Difficultés de concentration et attention

Des études montrent qu’un temps d’écran élevé est associé à des difficultés d’attention chez certains enfants.

« Les résultats relèvent majoritairement de corrélations et non de preuves causales. »
– The Association between Screen Time and Attention in Children par PubMed

Les écrans ne sont pas la cause unique : sommeil, environnement familial, stress et contexte scolaire jouent également un rôle.

Surcharge cognitive et fatigue mentale

Les médias numériques rapides et répétés peuvent provoquer fatigue cognitive et baisse de l’attention, surtout sur de longues périodes sans pause.

« L’exposition prolongée aux écrans est associée à des difficultés de régulation de l’attention et de l’engagement cognitif. »
– Effects of Excessive Screen Time on Child Development par PubMed

Fonctions exécutives et impulsivité

L’exposition excessive aux écrans et aux réseaux sociaux est liée à des performances plus faibles en planification, mémoire de travail et contrôle de l’impulsivité chez certains enfants et adolescents.

« Les données disponibles ne permettent pas de conclure à des dommages cognitifs irréversibles. »
– Impact of social media on cognitive development of children par BMC Pediatrics

Les recommandations des psychologues et experts

Plutôt que d’interdire totalement les écrans, les spécialistes privilégient une approche équilibrée.

Ce que conseillent les psychologues :

  • Limiter les formats courts et le scrolling infini

  • Privilégier la qualité du contenu plutôt que la quantité

  • Introduire des moments sans écran dans la journée

  • Encourager :

    •    la lecture

    •     le jeu libre

    •    les activités créatives et physiques

  •    Accompagner l’enfant dans l’usage des écrans (co-visionnage, discussion)

L’objectif n’est pas de diaboliser le numérique, mais de rééquilibrer les sources de stimulation.

Brain rot : un mot fort pour une inquiétude réelle

Le brain rot n’est pas une maladie, mais il reflète une inquiétude légitime face à la place croissante des écrans dans la vie des enfants.

La science ne parle pas de cerveau qui « pourrit », mais elle alerte sur les effets possibles d’une exposition excessive et non encadrée aux écrans et aux réseaux sociaux, notamment sur la concentration et l’attention.
Le véritable enjeu n’est donc pas le terme utilisé, mais l’usage des écrans chez l’enfant et l’équilibre à trouver au quotidien.

Binetna est un magazine feminin tunisien

Articles liés :

Enfants et dangers du numérique : les stratégies qui fonctionnent ailleurs

Comment limiter le temps d’écran des enfants

Auteur

Écrire un commentaire

Exit mobile version